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LE RESEAU TETRAPOL A SES CIRCUITS DEDIES

Le circuit Tetrapol intègre, sur une puce de 81 mm2 en technologie Cmos 0,5m m, un microcontrôleur Risc 32 bits et ses périphériques, un modem I/Q chargé de moduler et démoduler le signal vocal numérique, ainsi qu'un codec vocal qui numérise et code les signaux issus du microphone à l'émission et réalise l'opération inverse à la réception. Le codec s'interface directement avec le DSP externe chargé, lui, de la compression et de la décompression du signal.
ATMEL commercialise un circuit réunissant, sur une puce, la plupart des fonctions de traitement bande de base, d'un terminal de radiocommunications professionnelles (PMR) numériques conformes au standard européen Tetrapol.
Jusqu'à présent, les fabricants de terminaux et de stations de base pour les réseaux de radiocommunications professionnelles (PMR ou Private Mobile Radio) numériques conformes au standard européen Tetrapol (voir encadré) n'avaient d'autres choix que d'utiliser des circuits standards discrets. Cela va changer ! Atmel vient en effet d'introduire le premier circuit intégré dédié Tetrapol. Ce circuit, qui réalise la plupart des fonctions bande de base (*) hors traitement du signal proprement dit d'un terminal, a été développé par les équipes d'Atmel, à Rousset, en collaboration avec Matra Nortel Communications dans le cadre d'un projet européen (1). Il va permettre la mise sur le marché de terminaux PMR numériques, de format comparable à celui des combinés GSM (145x66x35mm), plus petits (336cm3 contre 432 cm3), deux fois plus autonomes (40 heures), moins lourds (400g au lieu de 600g) et plus rapides (la fréquence de commutation est multipliée par 10 à 50 MHz) que les terminaux de première génération, tout en restant compatibles avec ces derniers.
Une version avec DSP à la fin de l'année
Le circuit d'Atmel, appelé Tetrapol Baseband IC, intègre, sur une puce en technologie Cmos 05 m m, un microcontrôleur Risc 32 bits ARM et ses périphériques, un modem I/Q, un codec audio et d'autres fonctions d'interface avec la partie émission/réception RF (voir schéma). Il est commercialisé par Atmel qui est également habilité à vendre la licence à n'importe quel membre du Forum Tetrapol qui en ferait la demande (2). Le Tetrapol Baseband IC est également disponible avec le logiciel associé chez Matra Nortel Communications, qui peut aussi fournir des cartes de développement et des modules prêts à l'emploi incluant tous les composants, y compris de processeur de signal numérique (un circuit de Texas Instruments actuellement). Par ailleurs, Atmel développe, toujours avec Matra Nortel et dans le cadre du projet Esprit ASIC4PMR, un circuit de deuxième génération incluant un coeur de DSP propriétaire taillé sur mesure pour le réseau PMR numérique (3) et ses mémoires. Ce circuit, en technologie Cmos 0,35 m m, devrait être disponible, sous la référence EP23989, à la fin de cette année. Atmel développe également un circuit regroupant, sur une puce Cmos, l'essentiel des fonctions RF. Ce circuit, nom de code Paprica, est, lui prévu pour le mi-2000. A cette date, les principales fonctions d'un combiné Tetrapol tiendront dans cinq circuits et le nombre de composants total (y compris passifs) sera ramené à 100 au lieu de 500 pour la première génération actuellement en service (300 à 350 pour la seconde génération en cours d'introduction incluant le circuit Tetrapol d'Atmel). La consommation à l'émission sera, dans le même temps, divisée par plus de 10, à 20 mA.
Françoise GROVALET
(1) Dédié aux radiocommunications professionnelles numériques, le projet Esprit ASIC4PMR représente un investissement de 5 millions d'euros. Piloté par Atmel, via sa filiale européenne ES2, il associe également Matra Nortel Communications, ARM et Marconi.
(2) Atmel versera à Matra Nortel Communications des royalties concernant les blocs de propriété intellectuelle inclus dans le circuit Tetrapol et développés par la société française.
(3) Alors qu'il est titulaire d'une licence des coeurs de DSP Group, Atmel a préféré développer un coeur dédié car " il est impossible de modifier les coeurs de DSP Group et ces derniers ne sont pas assez puissants ", nous a expliqué Ben Altieri, directeur Corporate Alliances chez Atmel basé sur le site de Rousset. Le changement d'architecture, lui, a été rendu indispensable du fait du " refus de TI de fournir ses DSP sous forme de coeurs intégrables ", précise Jean-Pierre Quémard, directeur de la R&D pour les réseaux PMR chez Matra Nortel Communications.
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Un standard de fait pour les radiocommunications numeriques professionnelles
Lancé à l'origine par Matra, Tetrapol s'est peu à peu établi comme le standard de fait pour les radiocommunications numériques professionnelles sécurisées. Récemment reconnue par l'IUT et l'Etsi (Tetrapol vient d'être standardisé par l'organisme européen sous l'appellation ETS300-113), la technologie Tetrapol a été adoptée par vingt-cinq réseaux PMR numériques dans le monde, et représente environ un demi-million d'abonnés (1). Tetrapol se pose, non en concurrent mais en complément de l'autre standard européen de PMR numériques appelé Tetra (voir notre numéro du 19 octobre 1995) et davantage dédié, lui, aux applications civiles. Les deux fonctionnent dans la même bande de fréquences (380 à 400 MHz), la différence se faisant au niveau de la technologie d'accès (fréquentiel pour Tetrapol, temporel pour Tetra). Si l'on en croit Hubert AZEMARD, président de Tetrapol Forum (2), les réseaux PMR numériques en sont encore à leurs balbutiements, un peu comme l'étaient les réseaux cellulaires numériques il y a sept à huit ans, mais ils devraient se développer fortement dans le futur vus les avantages apportés par la technologie numérique. Le numérique représente aujourd'hui environ 5% du marché des réseaux PMR estimé, lui, à 4,6 milliards d'euros. Avec 10 millions d'utilisateurs potentiels, l'Europe représente environ un tiers du total mondial
Extract from Electronique International (French), February 4, 1999
(1) La technologie Tetrapol a été choisie en France pour les réseaux de la gendarmerie (Rubis) et de la police (Acropol) nationales ainsi que celui de la SNCF en région parisienne (Iris).
(2) Le Tetrapol Forum est une association européenne forte de 37 membres regroupant des industriel fournisseurs d'équipements et de composants et des utilisateurs.
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